Monsieur l’Échevin,
Pour Vert Ardent, rendre Liège belle et propre est une priorité. Et je pense pouvoir dire que cet objectif fait aujourd’hui largement consensus.
Au contraire de ce que certains souhaitent faire croire, la propreté publique ne repose pas uniquement sur la bonne volonté individuelle. Le « mythe du mauvais citoyen », repose sur l’idée que si les individus trient mal, jettent au mauvais endroit ou produisent trop de déchets c’est soit parce qu’ils manquent d’information ou de motivation ou soit parce que les dispositifs censés orienter leur geste n’envoient pas les « bons signaux » (emplacement des bacs, lisibilité des consignes, etc.)
Ce récit est d’ailleurs bien plus confortable pour les autorités publiques qui peuvent agir vite à moindre coûts, sans remettre en cause les logiques structurelles qui génèrent les déchets. La responsabilité repose donc sur les individus plutôt que sur les structures publiques que vous représentez.
La réalité, comme souvent, est bien plus complexe : comme des études récentes le montrent, lorsque le tri ne fonctionne pas, c’est souvent parce que les dispositifs sont inadaptés, peu lisibles ou mal conçus. Autrement dit, l’organisation du système joue un rôle déterminant. C’est d’ailleurs ce qui a été fait avec le projet pilote mené dans l’écoquartier de Coronmeuse. Là-bas, c’est un système innovant de conteneurs collectifs intégrés à l’espace public qui est testé. Cela constitue une approche structurante de la gestion des déchets. Il permet d’améliorer le tri, réduire les sacs sur la voie publique, limiter les dépôts clandestins et même la prolifération de nuisibles.
Si ce dispositif tient ses promesses, il pourrait représenter une évolution majeure dans notre manière de gérer les déchets Liège, en particulier dans les quartiers denses et pour les immeubles à forte capacité.
Dès lors, nous souhaiterions vous poser les questions suivantes :
– Pouvez-vous nous dresser un bref bilan de ce projet pilote à Coronmeuse ? Les déchets y sont-ils correctement triés ? Disposez-vous d’indicateurs sur la qualité du tri et sur la satisfaction des habitants ?
– Jusqu’à quelle date cette expérience pilote sera-t-elle menée ? Quelles seraient les conséquences concrètes d’un bilan positif ?
– Est-il envisagé de dupliquer ce système ailleurs à Liège, notamment et en priorité dans les immeubles verticaux à forte capacité disposant d’un espace extérieur permettant l’installation de tels conteneurs ? Si oui, quel calendrier est envisagé ?
Merci d’avance pour vos réponses.
Manon Wuine et Silvana Zilli Pour le groupe Vert Ardent