Alors que les écoles liégeoises traversent une crise historique, marquée par une grève qui dure et l’annulation inédite d’examens internes et externes, les groupes de l’opposition de gauche au conseil communal de Liège, le PTB et Vert Ardent, déposent une motion commune d’urgence. Objectif : exiger le retrait du décret-programme 2 (DP2) du gouvernement MR-Engagés et dénoncer une politique d’austérité qui sacrifie l’avenir de l’enseignement liégeois.
Un front commun face au « passage en force » du gouvernement
Le climat au sein des établissements scolaires de la Ville de Liège est extrêmement tendu. Enseignants, parents et étudiants se mobilisent depuis des mois contre des réformes budgétaires jugées destructrices. Le mouvement s’est encore durci après le vote du décret-programme 2 par la majorité MR-Les Engagés, le 4 juin dernier, malgré une opposition massive du secteur.
Sophie Lecron, cheffe de groupe PTB au conseil communal de Liège, déclare : « Quand des enseignants, des directions, des éducateurs, des parents et des étudiants se mobilisent pendant plusieurs mois, ce n’est pas un mouvement d’humeur. C’est un cri d’alarme. À Liège, nous voyons aujourd’hui les conséquences directes dans nos écoles d’un passage en force gouvernemental méprisant. Augmenter la charge horaire des profs du secondaire supérieur de 10% sans compensation, c’est détruire au moins 1 300 emplois et saboter les conditions d’apprentissage. En coupant dans la gratuité des fournitures et en supprimant les repas chauds dans les écoles de l’enseignement fondamental précaire, le gouvernement MR-Engagés s’attaque aux plus vulnérables. Nous refusons de regarder nos écoles s’enfoncer dans la crise sans agir. Nous demandons au Conseil communal de prendre clairement position aux côtés de celles et ceux qui défendent l’école publique. »
Des choix budgétaires contestés : priorité à l’école
Pour les deux groupes politiques, la situation locale est indissociable des choix globaux opérés par les majorités régionales et fédérales. Pierre Eyben, conseiller communal Vert Ardent, ajoute : « Comment justifier qu’on coupe dans les budgets de fonctionnement de nos écoles, qu’on augmente brutalement le minerval dans le supérieur (notamment à la HEL) ou qu’on taxe la culture avec un minerval dans les académies de musique, pendant que le gouvernement fédéral explose le budget de la Défense de 59 %, plafonne les cotisations des plus hauts revenus et que le gouvernement wallon maintient un cadeau fiscal pour les propriétaires aisés par sa réforme des droits d’enregistrement non ciblée représentant une perte de recettes de 120 à 200 millions€/an d’euros par an ? C’est une question de priorités. L’argent public doit aller aux services essentiels. La population liégeoise a besoin d’une école publique forte, gratuite et inclusive, pas d’une austérité qui creuse encore les inégalités scolaires. »
Les exigences de la motion de l’opposition
Avec ses 74 établissements et ses 24.000 élèves et étudiants, l’instruction publique de la Ville de Liège sera grandement impactée par les réformes décriées du gouvernement MR-ENGAGÉS. À travers cette motion commune, le PTB et Vert Ardent demandent formellement au Conseil communal de Liège de prendre position et d’exiger de la Fédération Wallonie-Bruxelles et du Fédéral :
- Le retrait d’urgence du décret-programme 2 (DP2) et l’abandon des 2 heures supplémentaires imposées aux enseignants du secondaire.
- Le maintien intégral des budgets dédiés à la gratuité des fournitures scolaires et des repas chauds.
- Le renoncement à la hausse des minervals dans l’enseignement supérieur (Hautes Écoles, universités) et dans les académies de musique dès la rentrée 2026.
- Une réorientation des priorités budgétaires de nos gouvernements fédéraux et wallons vers le refinancement structurel de l’enseignement public.
La motion enjoint également le Collège communal de Liège à transmettre officiellement ces revendications aux ministres Valérie Glatigny et Elisabeth Degryse, ainsi qu’aux organisations syndicales et associations de parents de la commune.