Les épisodes de fortes chaleurs se multiplient et s’intensifient sous l’effet du dérèglement climatique. Dans ce contexte, l’accès gratuit à l’eau potable dans l’espace public constitue un enjeu de santé publique, particulièrement pour les personnes âgées, les enfants, les personnes sans domicile fixe ou encore les usagers des espaces publics et des transports.
La Ville de Liège a certes augmenté le nombre de points d’accès à l’eau potable ces dernières années. Selon les données ouvertes de la Ville, on compte actuellement 17 bornes à boire et 4 fontaines, soit 21 points d’accès au total. En 2020, la Ville recensait 10 bornes à boire et 5 fontaines, soit 15 points d’accès.
Cette augmentation est positive, mais son rythme demeure particulièrement lent : six points d’accès supplémentaires en six ans, soit environ un nouvel équipement par an. Par ailleurs, la répartition géographique de ces infrastructures apparaît très déséquilibrée. Plusieurs quartiers densément peuplés de la rive droite, tels que Bressoux, Droixhe, Jupille ou Wandre, disposent de peu voire d’aucun point d’eau accessible. De même, de nombreux espaces verts fréquentés restent dépourvus de bornes à boire, notamment les parcs d’Avroy, de la Chartreuse, de Fayenbois, Astrid, de Cointe, de Naimette, de la Citadelle et le Parc de la Paix.
À Paris, la municipalité a développé un système permettant l’installation de points d’eau temporaires ou saisonniers durant les périodes estivales et les épisodes caniculaires afin de compléter le réseau permanent et de répondre rapidement aux besoins des habitants. Ces bornes se raccordent directement sur le réseau de distribution d’eau potable.
Interrogée, la direction de la CILE confirme que de telles bornes à boire temporaires pourraient également être installées sur le territoire de Liège et qu’elle est disposée à étudier la question avec nos services.
Dès lors, nous souhaiterions poser les questions suivantes au Collège :
- Le Collège dispose-t-il d’un plan de déploiement des bornes à boire pour les prochaines années et, le cas échéant, quels quartiers et espaces verts sont prioritaires ?
- Comment le Collège explique-t-il les importantes disparités territoriales constatées dans la répartition des points d’eau potable sur le territoire communal ?
- Le Collège pourrait-il évaluer la possibilité d’installer des bornes à boire temporaires ou saisonnières dans les quartiers et parcs insuffisamment équipés durant les périodes de forte chaleur, à l’image de ce qui se pratique dans certaines grandes villes européennes telles que Paris ?
- Un recensement des besoins spécifiques des quartiers de la rive droite et des grands parcs urbains pourrait-il être réalisé ?
Alors que les vagues de chaleur deviennent la norme plutôt que l’exception, garantir l’accès à l’eau potable dans l’espace public ne peut plus relever d’ajouts ponctuels au gré des opportunités. Il s’agit d’un service essentiel et d’une mesure d’adaptation climatique. Le rythme actuel de déploiement apparaît insuffisant et les déséquilibres territoriaux restent importants. Une stratégie plus ambitieuse, plus rapide et plus équitable semble aujourd’hui nécessaire.
Pour Vert Ardent, les bornes à boire temporaires constituent une solution modulable, rapide à mettre en place, et peu coûteuse afin de répondre à ce besoin.
En vous remerciant par avance pour vos réponses,
Pierre Eyben et Laura Goffart pour le groupe Vert Ardent
Question écrite du 2 septembre 2026