Nous sommes vulnérables aux risques d’incendie, même en Belgique. Nous sommes nombreux à avoir regardé, sidérés, révoltés, anxieux, la forêt de Fontainebleau, puis les Hautes Fagnes se consumer. La Wallonie, dont près d’un tiers du territoire est couvert de forêts, est confrontée à une vulnérabilité croissante aux feux de végétation, amplifiée par les changements climatiques et une sécheresse particulièrement longue. Un million de ménages wallons et 3 entreprises sur 4 sont situés à moins de 200 mètres d’une zone inflammable. Selon une étude de l’UGent, la Belgique avait déjà enregistré 234 feux de végétation à la mi-août en 2026, presque quatre fois supérieur à la norme.
A Liège, sont présents de nombreux terrils et parcs. Nous n’avons pas d’immenses forêts isolées, mais des espaces verts fragmentés sur notre territoire, qui touchent directement nos habitations, nos écoles, nos hôpitaux et nos entreprises. Liège est également voisine avec Seraing, et ses bois, au milieu desquels se trouve le parc scientifique.
Un feu en ville, c’est la perte de parcs utilisés au quotidien, la disparition d’écrins de biodiversité et des refuges pour la faune animale, des fumées toxiques respirées par la population, des évacuations de quartiers densifiés. Je vous ai écrit au milieu de l’été pour demander un renforcement des mesures de prévention, un courrier resté lettre morte jusqu’à présent. (https://vertardent.be/mesures-de-prevention-face-au-risque-eleve-dincendie-dans-les-parcs-et-espaces-verts-de-la-ville-de-liege/ )
Or la carte de l’AWAC sur la probabilité d’incendies mentionne comme zone à risques élevés au niveau de notre territoire communal : la lande de Streupas, le parc des oblats (chartreuse), le Parc comhaire, le parc de la paix, les coteaux, le parc rue vinave. Les terrils Batterie ancien, Sainte-Barbe, Bernalmont, le bois Fabry et différents espaces verts sont, eux, considérés à risque moyen à élevé. Le bois de St-Jacques et le bois de St-Laurent, qui entourent le Sart Tilman, sont également considérés à risques moyens à élevés. Bon nombre de ces espaces sont particulièrement escarpés avec des arrières de maisons proches.
Ces feux de végétation, comme toutes les conséquences des changements climatiques, on ne pourra pas les empêcher totalement mais on ne peut pas se contenter de “toucher du bois”. Il est du devoir des politiques de mettre en place les stratégies utiles pour protéger les activités humaines, le patrimoine de biodiversité et s’adapter.
A notre estime, l’expérience de cet été impose 3 enseignements :
- il faut anticiper la maîtrise du feu sur des terrains compliqués, et dans des situations de sécheresse où l’incendie progresse vite
- des zones urbaines doivent parfois être évacuées à cause du risque d’incendies mais aussi à cause du risque de fumées toxiques. Il faut analyser à la fois le potentiel de routes d’évacuation des habitants et usagers ainsi que les routes d’accès aux services de secours
- L’erreur des politiques actuelles, c’est d’attendre la catastrophe et tout faire reposer sur les pompiers et la solidarité de la population. Ils font un travail formidable, mais ils interviennent en bout de chaîne. Compter uniquement sur les secours, c’est comme compter uniquement sur les urgences pour gérer la santé publique : c’est une stratégie de crise, pas une politique de prévention. Les risques d’incendies et les vulnérabilités du territoire liégeois et avoisinant doivent être intégrés dans les politiques d’aménagement du territoire. Une culture du risque doit également être diffusée auprès de la population : connaître le risque pour mieux l’éviter par de bons réflexes rapides.
Nos questions sont les suivantes :
- Comment la Ville intègre-t-elle la carte des risques et des vulnérabilités de l’AWAC dans ses politiques d’aménagement du territoire et dans la mise en œuvre du Projet de territoire ?
- Des directives à ce sujet avaient-elles été données lors de l’élaboration du Projet de Territoire ?
- Quelles sont les analyses des PLANUs face à ces différents risques ?
- Des procédures d’évacuation et des lieux de refuge spécifiques pour la population ont-ils été établis ?
- Est-ce que les hôpitaux liégeois, maisons de repos et écoles sont adaptés pour faire face à des fumées toxiques ?
- Des mesures de prévention renforcées (message d’information, signalisation, réserve d’appoint en eau, …) ont-elles été prises cet été ?
Merci pour vos réponses,
Caroline Saal pour le groupe Vert Ardent
Interpellation soumise en vue du conseil communal du 7 septembre 2026