Monsieur le Bourgmestre,

Mesdames et Messieurs les Échevins,

La Fédération Wallonie-Bruxelles a adopté plusieurs mesures qui suscitent de vives inquiétudes dans le monde de l’enseignement et de la culture.

On parle beaucoup de l’enseignement obligatoire, mais on oublie souvent que l’enseignement artistique dispensé dans les académies est lui aussi directement touché par les réformes en cours.

À Liège, plusieurs académies sont concernées : l’Académie Grétry, les implantations de l’Académie OVA au Sart-Tilman ainsi que l’Académie de Chênée et ses différentes antennes.

Ces académies jouent un rôle essentiel dans l’épanouissement, la créativité et l’émancipation des enfants, des jeunes et des adultes. De nos académies sont sortis de nombreux talents, devenus pour certains des professionnels reconnus, pour d’autres des amateurs passionnés qui contribuent à la richesse culturelle de notre ville.

Parmi les mesures adoptées figure l’introduction, dès la rentrée 2026, d’un droit d’inscription de 94 euros pour les élèves de moins de 12 ans fréquentant les académies de musique, de danse, de théâtre ou des arts de la parole, alors que cet enseignement était jusqu’à présent gratuit pour cette tranche d’âge. Le tarif applicable aux adultes sera également revu à la hausse.

Cette mesure intervient dans un contexte déjà difficile pour de nombreuses familles. Entre l’augmentation du coût de la vie, les dépenses liées à la rentrée scolaire, les inquiétudes concernant les frais de garderie, les repas scolaires ou encore le matériel pédagogique, chaque nouvelle contribution demandée aux parents risque d’éloigner davantage certains enfants de l’accès à la culture et à l’expression artistique.

Par ailleurs, il apparaît que les académies devront également faire face à de nouvelles contraintes financières. Elles ne pourront plus solliciter certains frais complémentaires auprès des usagers, comme le matériel pédagogique et devront rétrocéder une partie des montants perçus à la Fédération Wallonie-Bruxelles. Plusieurs acteurs du secteur s’inquiètent dès lors d’un risque de fragilisation de leur budget de fonctionnement, notamment pour le matériel, les fournitures ou les coûts énergétiques.

Dès lors, je souhaiterais poser les questions suivantes au Collège :

  1. La Ville dispose-t-elle d’une estimation du nombre d’enfants liégeois qui seront concernés par l’introduction de ce nouveau droit d’inscription de 94 euros ? Le Collège a-t-il été informé d’un risque de diminution des inscriptions dans les académies liégeoises à la suite de cette nouvelle contribution financière ?
  2. La Ville a-t-elle évalué l’impact cumulé des différentes mesures touchant les familles à la rentrée 2026 et le coût supplémentaire qu’elles représenteront pour un ménage avec un ou plusieurs enfants ?
  3. Si ces coûts entraînent une diminution de la fréquentation des académies, le Collège a-t-il évalué les conséquences potentielles sur l’emploi des enseignants et du personnel concerné ? Ne risque-t-on pas d’assister à un effet boomerang où la baisse des inscriptions fragiliserait progressivement l’encadrement pédagogique et l’offre de cours ?
  4. Le Collège dispose-t-il d’informations concernant l’impact budgétaire des nouvelles règles sur le fonctionnement des académies liégeoises ? 
  5. Enfin, le Collège est-il prêt à interpeller la Fédération Wallonie-Bruxelles afin de défendre le maintien d’un accès le plus large possible à l’enseignement artistique pour tous les enfants, indépendamment des revenus de leurs parents ?

Je vous remercie.

Pierre Eyben et Sarah Tshinguta Mussenge pour le groupe Vert Ardent

Interpellation soumise en vue du conseil communal du 29 juin 2026

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