Monsieur le Bourgmestre, 

Notre maison brûle, littéralement. 

Mais face à cette réalité, tout le monde n’a pas les mêmes moyens de se protéger. Pouvoir boire, se rafraîchir, accéder à des toilettes ou simplement se laver reste encore aujourd’hui un défi pour de nombreuses personnes à Liège. C’est cette réalité que je souhaite porter à votre attention.

Nous venons de traverser des jours et des nuits marqués par des températures bien trop élevées. Le dérèglement climatique n’est plus une menace lointaine, il est bien là et ses conséquences sont profondément politiques.

Ces épisodes de chaleur nous rappellent une fois de plus que nous ne sommes pas égaux face à leurs effets. Les personnes les plus précaires sont les premières exposées : celles qui ne vivent pas dans des logements décents, qui ne disposent pas toujours des équipements sanitaires nécessaires, et surtout les personnes sans logement.

Le dernier dénombrement des personnes sans chez soi a montré qu’à Liège, ces personnes étaient beaucoup trop nombreuses. 

Pour ces personnes, les journées de forte chaleur se passent souvent dans l’espace public, avec aucun accès à des toilettes publiques, trop peu de fontaines d’eau potable. 

Cela pénalise d’ailleurs l’ensemble des Liégeoises et des Liégeois. Mais aujourd’hui, une grande inquiétude concerne aussi l’avenir des bains publics.

En effet, les bains publics de Jonfosse, tant attendus, risquent de ne plus permettre aux personnes précaires d’accéder à un lieu pour se laver. Leur fonctionnement a été rendu possible grâce au financement du Territoire Zéro Sans Abrisme. Les dernières dépenses couvertes par ce financement pouvaient être engagées jusqu’au printemps dernier et, lors de la discussion budgétaire, nous avions déjà souligné qu’aucun financement pérenne ne semblait prévu pour la suite.

L’inquiétude est donc grande pour les nombreuses personnes qui dépendent de ce service pour assurer leur hygiène quotidienne. Au-delà de la dignité humaine, c’est aussi une question de santé publique. Comment prendre soin de son corps, soigner des plaies ou préserver  sa santé mentale quand on ne peut pas se laver ? Cette question est d’autant plus cruciale lors des épisodes de canicule.

La précarité hydrique est une réalité dont on ne parle pas assez. Elle touche pourtant un ménage sur 5 en Wallonie et risque de s’aggraver avec des épisodes de chaleur. 

Liège, fille de Meuse, ne peut se résigner à ne pas garantir à toutes et tous l’accès à des services aussi fondamentaux que l’eau, l’hygiène et les équipements sanitaires. Face à l’urgence sociale et climatique, il est nécessaire d’agir.

Voici donc nos questions : 

  • Quel avenir la Ville prévoit-elle pour les bains publics de Jonfosse ? Un financement pérenne est-il envisagé ? A défaut, les fermerez-vous ?
  • À la suite de l’étude du bâti menée auprès des propriétaires, la Ville dispose-t-elle de données concernant les logements dépourvus de sanitaires ou dont les sanitaires sont situés à l’extérieur du logement ?
  • Quand la Ville prévoit-elle de développer une offre suffisante et accessible de toilettes publiques sur son territoire ?
  • Un plan de développement des fontaines d’eau potable est-il envisagé ? La Ville prévoit-elle notamment l’installation de fontaines dans chaque parc et dans les principaux espaces du centre-ville ?

Laura Goffart et Pierre Eyben pour le groupe Vert Ardent

Interpellation soumise en vue du conseil communal du 29 juin 2026

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