Madame l’Échevine,
La réforme du chômage fait des ravages et crée chaque jour des situations de vie profondément injustes, notamment lorsqu’elles touchent des personnes qui travaillent.
À partir du mois de mars, les personnes travaillant moins d’un mi-temps ne pourront plus bénéficier d’un complément de chômage. Or, nous savons que le travail à temps partiel concerne majoritairement des femmes : plus de la moitié des femmes salariées travaillent à temps partiel et elles occupent près de 80 % des emplois à temps partiel en Wallonie.
Parmi celles-ci figurent les accueillantes scolaires employées dans les écoles de la Ville. Elles prennent en charge les enfants le matin avant le début des cours, sur le temps de midi et après les cours. Leur rôle est essentiel au bon fonctionnement des écoles et à la conciliation vie professionnelle–vie familiale de nombreux parents. Pourtant, ces travailleuses sont trop souvent oubliées.
Nous avons appris que leur contrat actuel est fixé à 18h55, soit cinq minutes de moins qu’un mi-temps, qui est de 19h. Ces cinq minutes les privent, à partir de mars, de tout complément de chômage, alors même que ce temps est, dans les faits, presté. Les accueillantes ont récemment été informées qu’elles perdront ce complément, sans qu’aucune solution ne leur soit proposée.
Par ailleurs, une grande incertitude subsiste quant à leur situation durant l’été : pourront-elles bénéficier du chômage pendant les deux mois de fermeture des écoles ? Ni la Ville ni le CPAS ne sont aujourd’hui en mesure de leur répondre. En effet, les contrats sont conclus chaque année pour la période scolaire uniquement.
Cette situation est totalement aberrante et risque de plonger de nombreuses femmes dans une grande précarité. Lors d’échanges, j’ai notamment appris qu’une accueillante, maman solo, se retrouverait avec un revenu mensuel de moins de 1000 euros sans le complément chômage. Comment peut-on vivre avec une telle somme ? Les horaires morcelés ne permettent pas de cumuler avec un autre emploi, ce qui place ces travailleuses dans une situation d’angoisse profonde.
Vu l’importance de ces enjeux humains et sociaux, il est urgent d’apporter des réponses claires et des solutions concrètes à ces travailleuses indispensables à nos écoles. Il en va de votre responsabilité.
Plusieurs questions se posent dès lors :
- Pourquoi la Ville n’a-t-elle pas proposé des contrats de 19h dès le mois de septembre, alors que la réforme du chômage était connue et les heures prestées ?
- La Ville peut-elle envisager un avenant aux contrats actuels afin d’atteindre un mi-temps réel et prévoir, à l’avenir, des contrats d’au moins 19h ?
- Quelle durée de contrat est envisagée pour la rentrée scolaire prochaine ?
- Quelles solutions sont prévues pour cet été en matière de chômage et d’aide du CPAS pour les accueillantes ?
Laura Goffart, Silvana Zilli, Sarah Tshinguta Mussenge et Pierre Eyben pour le groupe Vert Ardent
Interpellation soumise en vue du conseil communal du 26 janvier 2026