Monsieur le Bourgmestre,
Le Poumon vert de Burenville et le Parc du Cadran ont un point commun : ce sont des espaces verts que la population souhaite préserver. Et cet été caniculaire a fini de lui donner raison.
Dans les quartiers denses, et particulièrement dans les petits logements, la chaleur devient rapidement insupportable. L’ISSeP a d’ailleurs mesuré à Liège jusqu’à 5 °C d’écart entre quartiers verts et bétonnés. Les espaces verts sont des alliés majeurs pour garder des villes fraîches, respirables, agréables à vivre.
La majorité s’est d’ailleurs engagée dans son Plan Stratégique Transversal « Liège 2030 », à lutter contre les îlots de chaleur en poursuivant la plantation de 24.000 arbres d’ici 2032 (le Plan Canopée), à préserver 2.000 hectares de nature sur le territoire communal et à permettre à chaque citoyen d’accéder à un parc ou un espace vert aménagé à dix minutes à pied. Le Projet de territoire consacre la stratégie d’une chaîne des parcs.
Pourtant, au Cadran, vous avez délivré un permis qui supprime un petit espace vert, en bordure de route, dans un quartier déjà très dense, entouré de voitures alors même que près de 800 réclamations ont été introduites pour demander sa préservation. Cela montre à quel point même un petit espace peut devenir précieux et symbolique en ville.
Du côté de Burenville, le projet porté par Matexi prévoit d’y construire 430 logements sur la friche retournée à la nature, reprise dans la chaîne des parcs du projet de territoire de la Ville de Liège. Ce texte prévoit que ces espaces doivent guider l’urbanisation et non l’inverse.
Des collectifs se mobilisent, organisent des rencontres, des débats, des visites et réfléchissent à ce que pourraient devenir ces lieux. Au Cadran, le mobilier installé est déjà devenu un lieu de rencontre. Ces mobilisations doivent être considérées comme une ressource pour la Ville.
Aujourd’hui, les outils qui pilotent l’aménagement du territoire doivent intégrer les enjeux climatiques et les risques qui en découlent. Ils doivent anticiper l’objectif Stop béton de la Région wallonne. Un projet de territoire, ça n’est pas un discours, c’est un outil de planification. A Liège, ne pas formaliser de Schéma de développement communal embrouille et ne permet aucune contrainte pour orienter l’urbanisation en faveur de la préservation objectivée des espaces verts. Une ville, ce sont aussi des lieux où l’on peut se rencontrer, jouer, trouver de la fraîcheur et laisser une place à la biodiversité. Il faut pouvoir travailler avec les habitants pour construire des projets pensés avec et pour les quartiers, et pas uniquement en fonction de la rentabilité vendue par la promotion immobilière.
Nos questions sont les suivantes :
- Quelles conditions relatives à la préservation d’un sol perméable et du couvert arboré figurent dans l’avis du Collège du Cadran, quelle suite procédurale sera organisée à la suite du dépôt des plans modificatifs ?
- Quel dialogue a été engagé avec les habitants et les collectifs ?
- Comment la Ville entend-elle faire en sorte que la « chaîne des parcs » guide réellement l’urbanisation et que les espaces verts soient pleinement intégrés à notre politique d’adaptation climatique ?
Laura Goffart & Caroline Saal pour le groupe Vert Adent
Interpellation soumise en vue du conseil communal du 7 septembre 2026