Monsieur le Bourgmestre,
Depuis plus d’un an, la majorité communale affirme que l’impact financier de la centralité de la Ville de Liège s’élèverait à 35 millions d’euros par an, chiffre destiné à fonder une future négociation avec la Région wallonne pour obtenir un prêt. Ce chiffre est devenu un élément central du discours politique et budgétaire de votre majorité.
Si les recettes supplémentaires liées à la centralité sont relativement claires, environ 113 millions d’euros par an, notamment via le Fonds des communes et les subsides, l’évaluation des dépenses dites de centralité, que vous estimez à 148 millions d’euros, repose, actuellement, sur une méthodologie particulièrement fragile.
Celle-ci se limite à comparer les dépenses par habitant de Liège à la moyenne wallonne, sans démontrer quelle part de ces dépenses correspond réellement à des services rendus à des usagers non domiciliés dans la Ville. Assimiler mécaniquement toute dépense supérieure à la moyenne à un coût de la centralité relève davantage d’un calcul approximatif que d’une analyse rigoureuse, ce qui affaiblit la crédibilité de la Ville dans la perspective d’une négociation future.
Nous ne remettons pas en cause le fait que la Ville de Liège ne vit manifestement pas au-dessus de ses moyens, l’état des voiries, des écoles ou de nombreuses infrastructures en témoigne, mais nous estimons qu’un enjeu aussi structurant pour l’avenir financier de la Ville mérite une analyse beaucoup plus fine et objectivée.
À nos yeux, une étude sérieuse des coûts de la centralité devrait être confiée à un organisme indépendant et reconnu, sur la base d’un mandat clair et public. Elle devrait définir précisément ce qui relève de la centralité, analyser poste par poste les politiques communales les plus concernées (police, mobilité, culture, enseignement, action sociale, infrastructures), identifier l’origine géographique réelle des usagers des services et équipements de la Ville, et distinguer clairement les coûts bruts des coûts nets, après prise en compte des recettes associées. C’est à cette condition seulement que la Ville pourra disposer d’un socle solide pour défendre, en 2027, un soutien structurel de la Région wallonne.
Pouvez-vous dès lors vous engager à lancer une telle étude indépendante, afin d’objectiver les coûts réels de la centralité et de disposer d’une base crédible pour la négociation avec la Région wallonne ?
Eléna Chane-Alune et Pierre Eyben pour le Groupe Vert Ardent