Il n’est un secret pour personne que le droit au logement constitue un réel souci à Liège. C’est particulièrement le cas pour les plus précaires de nos concitoyens puisque pas moins de 5.000 familles sont aujourd’hui en attente d’un logement social. Par ailleurs, le prix des locations ne cesse d’augmenter.

Dans ce contexte, la question des logements laissés inoccupés et leur possible remise sur le marché locatif est un enjeu important, que ce soit sur le marché classique ou à un tarif social via notre Agence Immobilière Sociale (AIS), la Maison liégeoise, voire via toute autre forme d’occupation temporaire ou précaire.

C’est un enjeu d’autant plus crucial qu’une ville comme Liège qui se densifie ne peut se permettre de geler plusieurs milliers de m2 de bâtiments publics ou privés pendant des années compte tenu du nombre important de personnes en attente d’un logement.

La mise en location via l’AIS est d’ailleurs une solution (partielle) au manque de logements sociaux que pourrait venir soutenir la récente Déclaration de Politique Régionale puisque celle-ci annonce l’objectif de 6.000 logements nouveaux gérés via des AIS.

Au regard de la proportion de bâti wallon situé sur le territoire de la ville (environ 7%), et sachant le nombre important de logements inoccupés, ceci devrait conduire à bien davantage que les 155 logements de plus gérés par l’AIS à l’horizon 2024 contenus dans la Déclaration de Politique Communale.

Pour rappel, Vert Ardent proposait le chiffre volontariste de 1.000 logements en comparaison de ce qui est réalisé avec les mêmes outils dans d’autres villes wallonnes comme La Louvière.

Bien évidemment, une AIS mieux dotée (ce qui est nécessaire) ne fonctionnera convenablement que si la commune l’épaule avec vigueur dans son travail en recensant les immeubles inoccupés, en enrôlant la taxe, et en renvoyant systématiquement les propriétaires vers l’AIS.

Immeubles inoccupés, collaboration avec l’AIS et enrôlement de la taxe sur bâtiments inoccupés : où en est actuellement la ville ?

Concrètement, le manque de logements, l’action trop faible de l’AIS, et la présence de nombreux logements vides conduit aujourd’hui certaines personnes à procéder à des occupations d’immeubles. C’est notamment ce qui se déroule actuellement dans l’immeuble du 62-64 quai Saint Léonard qui était laissé inoccupé depuis 15 ans.

Faisant suite à nos interpellations du ​29 avril (lutte contre les marchands de sommeil) et du ​2 septembre dernier où nous invitions la Ville à jouer le rôle d’intermédiaire dans le conflit qui oppose les propriétaires de ce bâtiment au Collectif du Centre Social Autogéré de Saint Léonard​, nous souhaitons saluer la tentative de médiation que vous avez initiée auprès des propriétaires, même si cette dernière s’est révélée infructueuse à ce stade.

En effet, l’avis d’expulsion est toujours d’actualité, les propriétaires ne répondent pas malgré votre invitation au dialogue, ce qui laisse les membres du Collectif sur le qui-vive et ce, malgré les nombreuses mobilisations visant à les soutenir.

Dans un tel contexte, la principale arme de la ville demeure à nos yeux l’enrôlement de la taxe sur les immeubles inoccupés, avec des montants dissuasifs. Nous l’avions abordé lors de l’analyse du cahier de modification budgétaire présenté en mars dernier, où le le compte 2018 de la taxe sur les immeubles inoccupés présentait une baisse de 22% par rapport au compte 2017.

Nos questions concernant la problématique des logements vides et le cas emblématique du 62-64 Quai Saint Léonard sont donc les suivantes :

  • Un cadastre de tous les immeubles inoccupés sur Liège est-il disponible ? Si oui, pourriez-vous nous signaler de combien de logements il s’agit, l’évolution de ce chiffre ces dernières années, ainsi que la base sur laquelle cette liste est établie ?
  • Est-ce que le 62-64 Quai Saint Léonard est bien repris dans cet inventaire ?
  • Est-ce que la taxe sur les immeubles inoccupés afférente à cette propriété a été correctement enrôlée pour 2019 ainsi que pour les trois années précédentes ? Lors de notre visite des lieux, nous avons pu relever que la propriété totalisait pas moins de 5000 m2 plancher.
  • Enfin, pourriez-vous nous expliquer selon quelles modalités les coordonnées des propriétaires d’immeubles inoccupés sont transmises à l’AIS ? Cela se fait-il sur une base systématique ?

En vous remerciant par avance pour les réponses que ne manquerez pas d’apporter à ces questions,

Eléna Chane-Alune, Pierre Eyben, Laura Goffart et Quentin Le Bussy pour Vert Ardent

Question écrite du 12 septembre 2019

 

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