Madame l’Échevine de l’Instruction publique,

Le récent décret-programme adopté par le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles suscite une profonde inquiétude au sein de la communauté éducative. Derrière les chiffres budgétaires et les arbitrages comptables se cachent en effet des conséquences très concrètes pour les écoles, les enseignants et, in fine, les élèves.

À Liège, plusieurs établissements du réseau communal s’inquiètent déjà des effets de cette réforme. A l’heure où la communication se substitue trop souvent aux faits, et où certains tentent de nier l’impact de cette réforme, je voudrais vous donner un exemple concret pour que l’on comprenne bien ce qui se passe, celui de  l’Athénée Léonie de Waha.

Selon les projections communiquées aux équipes pédagogiques, l’école devrait passer de 45 à 37 temps plein, une diminution tout sauf anodine. En conséquence, des enseignants seront contraints de partager leur horaire entre plusieurs établissements afin de constituer un temps plein.

Pour un cours comme le français, les départs ne seraient plus remplacés par des enseignants à temps plein ou à temps partiel dans l’établissement, mais par plusieurs collègues qui seraient contraints de se répartir entre deux ou trois écoles. Cette fragmentation des équipes pédagogiques va évidemment nuire à la continuité des apprentissages, à la cohésion des équipes et à l’accompagnement des élèves.

Concrètement :

  • Avec 37 temps pleins pour 39 classes, il n’y aura même plus un équivalent temps plein par titulariat.
  • Avec 37 temps pleins pour 50 ateliers organisés l’an dernier, la capacité d’encadrement pédagogique se trouvera nécessairement réduite.
  • Avec 37 temps pleins pour accompagner 180 élèves de rhétorique dans leurs Travaux de Fin d’Humanités, la qualité d’accompagnement sera forcément réduite.

Comment continuer à garantir la qualité de l’enseignement, le suivi individualisé des élèves et le bien-être des personnels lorsque les moyens humains diminuent de manière aussi importante ? C’est impossible.

Nos questions sont les suivantes :

  1. Quelle évaluation la Ville de Liège a-t-elle réalisée de l’impact du décret-programme sur l’emploi dans l’ensemble des établissements du Pouvoir organisateur communal ?
  2. Combien de postes, exprimés en équivalents temps plein, risquent d’être perdus dans l’enseignement communal liégeois à la suite de l’entrée en vigueur de ces mesures ?
  3. La Ville a-t-elle envisagé des mesures compensatoires afin de préserver l’emploi, la qualité pédagogique et les conditions de travail des équipes éducatives ?
  4. Dans le cas contraire, la Ville envisage-t-elle de demander à ses équipes de revoir à la baisse les ambitions de leur projet d’établissements et de la traduction de ceux-ci au-travers des plans de pilotage, compte tenu de cette diminution d’effectifs?
  5. Des démarches ont-elles été entreprises auprès du Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles afin d’obtenir une révision de ces mesures ou des moyens complémentaires pour les écoles communales ?

En vous remerciant

Pierre Eyben et Sarah Mussenge pour le groupe Vert Ardent

Interpellation soumise en vue du conseil communal du 7 septembre 2026

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