Monsieur le Bourgmestre,
Madame l’Échevine des Finances,
Le Gouvernement wallon a présenté son budget 2027 la semaine dernière et nous attendons encore celui du gouvernement fédéral. Pour Liège, il tient en une phrase : la Région décide, les Liégeois paient.
Certes, la Wallonie doit redresser ses finances. La question n’est pas de savoir s’il faut un effort. La question est de savoir qui le porte. Et ce budget répond clairement : une part de l’effort régional est envoyée au guichet communal.
La Région retire, mais ne donne rien en compensation
La Région retire : D’abord, avec la première ressource régionale de la Ville, le fonds des communes, qui sera indexé de deux points de moins en 2027, 2028 et 2029. Et ce retard ne sera jamais rattrapé.
Grosso modo, c’est comme si on disait à un ménage : votre loyer, votre énergie, vos courses suivront les prix ; votre salaire, lui, suivra avec deux points de retard, trois ans de suite, et sans rattrapage.
Mais la Région ne donne rien de nouveau en compensation : Le plan Oxygène s’éteint cette année. Vous nous aviez indiqué être dans les bonnes grâces des banques et de la Région. Ce budget nous confirme qu’il n’en est rien car rien n’est accordé aux grandes villes.
La seule mesure proposée est une avance de trésorerie, remboursable, sur la hausse des cotisations de pension uniquement. Quand un ménage ne boucle plus son mois parce que ses charges dépassent ses revenus, un prêt ne règle rien. Il repousse l’échéance et ajoute des intérêts. Le pouvoir régional n’apporte aucune solution : il relâche un peu la bride mais s’assure de tenir Liège en laisse. Plutôt qu’un relais, c’est bien un asservissement que la majorité a obtenu.
Les relais qui ne relaient pas
En effet, une des raisons de la majorité choisie par le PS était d’avoir des relais aux différents niveaux de pouvoir. Deux ans après les élections, le constat est sans appel. Il n’est pas question de moyens supplémentaires pour les grandes villes.
La Région renvoie toute aide à la suppression des provinces, en 2031, et à une majorité des deux tiers qu’elle n’a pas. C’est une manière de vous forcer à accepter cette réforme. Mais le budget de Liège se vote en décembre. Et les salaires de janvier se paient en janvier. Nous faisons donc face à un problème majeur de trésorerie, qui est pourtant bien connu de la Région. Pas besoin d’être ingénieur pour savoir que Liège, comme d’autres grandes villes, court tout droit à la cessation de paiement et à la faillite.
Les Liégeois au pied du mur
Une ville ne peut pas voter un budget en déficit. Si l’argent ne vient pas d’en haut, il viendra d’en bas : des services réduits, ou des impôts locaux plus élevés, comme nous l’envisagions il y a trois semaines. C’est cela, concrètement, sous-traiter l’austérité : la Région affiche sa rigueur, et les Liégeois et les Liégeoises en subiront les conséquences négatives.
La presse rapporte que les banques refusent désormais de prêter aux grandes villes, dont Liège, pour financer leur budget ordinaire. D’ailleurs, les intérêts de la dette pèsent déjà lourd. Chaque euro versé aux banques est un euro qui ne finance ni une crèche, ni une voirie, ni un agent de propreté.
En décembre 2025, vous annonciez un budget 2026 à l’équilibre et une trajectoire équilibrée jusqu’en 2031, fin d’Oxygène comprise. Cette trajectoire a été construite avant les décisions du 12 octobre. Elle doit manifestement être revue.
Dans ce contexte, nos questions sont les suivantes :
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La trajectoire d’équilibre jusqu’en 2031 présentée en décembre 2025 est-elle toujours valable ? Si non, quel est l’écart à combler en 2027 ?
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Comment comptez-vous combler les 46 millions laissés par la fin d’Oxygène ? Envisagez-vous d’augmenter les centimes additionnels à l’IPP ou au précompte immobilier ?
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Quelle est la situation de trésorerie de la Ville pour les premiers mois de 2027 ?
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Quelles démarches les partenaires MR et Engagés du Collège ont-ils menées auprès du Gouvernement wallon depuis 2024, et avec quel résultat ?