Considérant le droit à l’éducation consacré par l’article 26 de la Déclaration universelle des  droits de l’Homme, les articles 28 et 29 de la Convention internationale relative aux droits de  l’enfant, et l’article 24 de la Constitution belge qui consacre le droit à un enseignement public,  gratuit et de qualité ;  

Considérant les débats qui ont déjà eu lieu, ici, au Conseil communal de Liège, lors desquels on  a pu dénoncer les mesures d’économie du Gouvernement MR-Engagés de la Fédération  Wallonie-Bruxelles et demander au Gouvernement de revoir sa trajectoire budgétaire en matière  d’enseignement ;  

Considérant que, malgré une opposition massive du monde scolaire et de nombreux conseils  communaux, le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a maintenu l’ensemble des  mesures contestées et les a inscrites dans un décret-programme (DP2) ; 

Considérant le passage en force de ce dernier le 4 juin au mépris du règlement d’ordre intérieur  du Parlement,  

Considérant que, depuis 19 mois, enseignants, éducateurs, directions d’école, syndicats et  associations de parents se mobilisent contre ces réformes, à travers notamment une grève,  toujours en cours, qui constitue l’un des mouvements sociaux les plus importants dans  l’enseignement depuis trente ans ;  

Considérant que les étudiants ont manifesté à Bruxelles et dans toute la Fédération Wallonie Bruxelles, notamment à Liège, contre la hausse brutale du minerval ;  

Considérant que cette mobilisation historique traduit un rejet profond et légitime de politiques qui  démantèlent structurellement l’enseignement public au profit de logiques budgétaires à courte  vue ;  

Considérant que les mesures imposées par la ministre Valérie Glatigny (MR) et la ministre présidente Elisabeth Degryse (Les Engagés) comprennent notamment :  

  • l’augmentation de 10 % de la charge horaire face à la classe des enseignants du  secondaire supérieur, soit deux heures supplémentaires sans compensation salariale, ce  qui entraînerait la suppression d’au moins 1.300 emplois dans l’enseignement selon les  estimations disponibles, avec des répercussions sur les équipes éducatives dans nos  écoles liégeoises ;  
  • la réduction de 50 % des budgets consacrés à la gratuité des fournitures scolaires dans  l’enseignement fondamental, concomitamment à l’extension du dispositif jusqu’en 6e  primaire, rendant impossible pour les pouvoirs organisateurs de fournir à chaque élève le  matériel nécessaire, une mesure anticonstitutionnelle selon la Ligue des Familles ;
  • la suppression des repas complets, sains, durables et gratuits faute de budget dans les  écoles ayant un indice socio-économique faible, alors même que cette mesure concrète  avait apporté des bénéfices visibles directs ;  
  • la hausse du minerval dans l’enseignement supérieur, hausse particulièrement marquée  pour les Hautes Ecoles telle la HEL, creusant une barrière financière supplémentaire  pour de nombreuses familles précaires, en contradiction directe avec les engagements  internationaux de la Belgique en matière d’accès progressif à la gratuité de  l’enseignement supérieur ;  
  • la non-indexation des moyens financiers destinés au fonctionnement des écoles,  l’introduction d’un minerval de 94 € dans les académies de musique dès la rentrée 2026 ;  

Considérant que les dispositions projetées portent une atteinte systémique à l’économie  générale et aux missions de service public du système d’enseignement définies par le Décret  Missions du 24 juillet 1997 ;  

Considérant le communiqué de presse commun de la FAPEO et de l’UFAPEC du 21 mai 2026,  organisations représentant les parents d’élèves, soutenant la grève des enseignants contre le  décret-programme susmentionné et demandant de la clarté, des moyens à la hauteur des  enjeux et le retour d’une véritable concertation pour construire une école plus égalitaire et  accessible à tous ;  

Considérant que ces mesures aggraveront encore les inégalités scolaires dans un système  belge déjà reconnu comme l’un des plus inégalitaires de l’OCDE, et qu’elles dégraderont les  conditions de travail d’une profession déjà sous pression, alors que la ministre Glatigny a refusé  de mener une étude visant à objectiver le temps de travail réel des enseignants, et que ceux-ci  sont nombreux à envisager de quitter le métier, même après plus de 5 ans d’expérience,  notamment à cause d’une surcharge administrative et d’une non-reconnaissance de leur métier  par la société ; 

Considérant que le Gouvernement fédéral Arizona a, dans le même temps, augmenté le budget  de la Défense belge, au détriment de la sécurité sociale et des services publics essentiels dont  l’enseignement (+59 % entre 2024 et 2025 ce qui constitue un record en Europe) ;  

Considérant que le Gouvernement Wallon a, dans le même temps, réalisé une réforme des  droits d’enregistrement non ciblée représentant une perte de recettes de plus de 200 millions €/an d’euros par an ;  

Considérant qu’il existe un lien direct entre ces choix budgétaires et les coupes imposées à la  Fédération Wallonie-Bruxelles, dont les finances sont structurellement dépendantes des  transferts fédéraux ;  

Considérant que ces choix de priorités budgétaires — notamment, armement contre  enseignement — ne reflètent pas les besoins de la population liégeoise, en grande majorité  composée de familles qui ont besoin d’une école publique forte, gratuite et de qualité ;  

Considérant les deux contre-décrets qui ont été déposés par le PTB, le PS et Écolo au Parlement de la Fédération Wallonie Bruxelles, l’un sur le minerval à 1200€ et l’autre sur les 

10% en plus au degré supérieur de l’enseignement secondaire, et sur lesquels il y aura de  nouveau un vote ;  

Le Conseil communal de Liège : 

  • Exprime son soutien plein et entier au mouvement de grève et aux actions menées par les enseignantes et enseignants, les directions d’école, les personnels de l’enseignement et les étudiants contre les réformes du Gouvernement de la Fédération Wallonie Bruxelles ;  
  • Demande au Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles de retirer d’urgence le  décret-programme 2, et en particulier : d’abandonner l’augmentation de 10% du temps de  travail des enseignants du secondaire supérieur ; de maintenir intégralement les budgets  consacrés à la gratuité des fournitures scolaires et des repas chauds ; de préserver et de  renforcer le dispositif d’encadrement différencié au bénéfice des élèves issus de milieux  défavorisés ; et de renoncer à la hausse du minerval dans l’enseignement supérieur et à  l’introduction d’un minerval pour les académies ;  
  • Réaffirme son attachement à un enseignement public, gratuit, inclusif et de qualité, qui  réduit les inégalités plutôt qu’il ne les aggrave, et qui respecte le travail et les conditions  des personnels enseignants ;  
  • Charge le Collège communal de transmettre la présente motion :  

○ à la Ministre de l’Enseignement obligatoire Valérie Glatigny,  

○ à la Ministre-Présidente de la Fédération Wallonie-Bruxelles Elisabeth Degryse,  ○ au Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles,  

○ au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles,  

○ au Gouvernement fédéral,  

○ aux syndicats de l’enseignement,  

○ aux fédérations de pouvoirs organisateurs et à Wallonie-Bruxelles Enseignement,  ○ aux associations de parents actives dans notre commune.  

Les conseillers PTB, Nina Delaye, Céline Fassotte, Antonio Gomez Garcia, Sophie Lecron,  Laura Leon Fanjul, Jonathan Mottard, Rafik Rassaa, Mehdi Salhi et Sofia Touhami  

Les conseillers Vert Ardent, Elena Chane-Alune, Pierre Eyben, Laura Goffart, Sarah Tshinguta  Mussenge, Caroline Saal, Manon Wuine et Silvana Zilli

 

Motion finale votée

Facebooktwitter