Le Conseil communal, en séance publique du 26 janvier 2026,
Considérant que le droit à l’alimentation est consacré à l’article 25 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et à l’article 11 du Pacte international relatif au droits économiques, sociaux et culturels ;
Considérant l’article 23 de la Constitution qui reconnaît le droit « à mener une vie conforme à la dignité humaine ;
Considérant le décret programme voté au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles le 17 décembre 2025 ;
Considérant que près de 14% des enfants belges de 6 à 11 ans sont en situation de privation matérielle sévère en Belgique, et qu’un parent sur 5 d’enfants de 3 à 9 ans n’a pas les moyens de permettre une alimentation saine et équilibrée ;
Considérant qu’à Liège une personne sur quatre soit à risque de pauvreté et qu’un enfant sur 10 saute un repas en Belgique ;
Considérant que depuis 2018, des enfants scolarisés dans les écoles maternelles et primaires de la FWB qui concentrent les familles les plus précaires bénéficient de repas complets, sains et durables gratuits ;
Considérant qu’avec la fin de la gratuité des garderies et des frais scolaires, il existe un véritable effet cumulatif des hausses de coûts supportés par les familles, ce qui risque de renforcer les inégalités scolaires, la stigmatisation et l’exclusion ;
Considérant qu’en 2023, un décret a été voté pour pérenniser les projets de repas gratuits à l’école et que depuis, 21.4 millions d’euros y sont alloués chaque année ;
Considérant qu’en 2025-2026, 429 écoles à indice socio-économique faible (de 1 à 5) sont dans ce dispositif, et que 55 288 élèves bénéficient de ces repas chauds gratuits, soit à peu près 10 % de la population scolaire du fondamental et la moitié des élèves de maternelle et primaire en encadrement différencié ;
Considérant qu’à Liège, cela concerne 35 écoles qui bénéficient de 2,2 millions d’euros pour nourrir gratuitement près de 2500 enfants ;
Considérant d’ailleurs que l’intercommunale IsoSL a investi dans des infrastructures et a engagé 12 équivalents temps plein supplémentaires vu l’augmentation du nombre de repas à produire ;
Considérant l’importance stratégique de la filière du circuit court, tant pour la souveraineté alimentaire locale que pour l’emploi et le respect de l’environnement ;
Considérant également que la disparition des repas gratuits mettrait à mal la dynamique du Pôle logistique Circuit Court (Circuits Paysans est un des grossistes principaux d’ISoSL, qui est également le principal client de la légumerie de Terra Alter) soutenu par la ville et créé grâce à un investissement public ;
Constatant que sur les 86,7 millions de coupes budgétaires dans l’enseignement obligatoire qu’il annonce en 2026, près de 16 millions d’économies concernent le soutien aux élèves les plus défavorisés, et principalement le subside pour organiser les repas gratuits à l’école (qui passe de 21,4 à 8,2 millions d’euros) ;
Constatant en outre qu’une hausse de la TVA dans ce secteur, telle annoncée, créerait une spirale négative économiquement et socialement (hausse des tarifs, baisse de la consommation, et mise en péril de la chaîne de production) ;
Le CONSEIL COMMUNAL :
- Affirme que la gratuité des repas scolaires est un enjeu de santé publique important pour notre Ville, et une avancée sociale à laquelle il est très attaché ;
- Se déclare favorable et met tout en oeuvre pour le maintien de la gratuité des repas scolaires dans les écoles à indice socio-économique faible, ainsi que dans l’enseignement spécialisé au-delà de septembre 2026 ;
- Demande au Collège communal d’adresser au Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles ainsi qu’à celui de la Région Wallonne, un courrier réclamant le maintien du niveau de subside actuel dont nous bénéficions afin de ne pas mettre en péril le dispositif de repas scolaires gratuits mis en place, les emplois créés, ainsi que les investissements publics consentis.
Pierre Eyben, Laura Goffart et Sarah Tshinguta Mussenge pour le groupe Vert Ardent
Motion soumise en vue du conseil communal du 26 janvier 2026